Musique, voix & mouvement

La technique ou le travail physique du musicien


La pulsation et la danse
Danser dans la pulsation du musicien, ou jouer sur les pas du danseur sont deux facettes d’une même notion essentielle, sous-jacente à la vie et la respiration d’une phrase musicale : son mouvement naturel et cyclique. Pour un musicien, emprunter au danseur le rythme d’un pas, ressentir ce mouvement à l’intérieur de soi, donne au discours musical toute sa respiration.

Chercher le geste juste

- en travaillant sur la disponibilité du corps, en s’attachant à dénouer les blocages physiques, pour permettre à la musique de s’exprimer librement, aucun geste réflexe ne venant parasiter la pensée musicale.
- en surveillant qu'un mouvement répétitif ne devienne source de tension physique, faire qu’il s’inscrive toujours dans le présent et devienne un moyen de redécouvrir et approfondir sa propre technique.
- en le connectant à la résonance d’un son, à la richesse de ses harmoniques.
- et utiliser la mémoire du corps, afin de retrouver à tout moment, l’énergie nécessaire à l’élan musical.

Se servir de son intuition

... et reconnaître, au croisement d’autres disciplines, dans les arts, la science, une rencontre, les lectures, qu’importe ! des idées, des réflexions, des clés, venant nourrir sa propre recherche et compréhension du jeu.

Prosodie

Et même si les mots ne sont que de pâles interprètes de la pensée... le violon a gagné ses lettres de noblesse en cherchant d’abord à imiter la voix.
Transmettre un texte à un public, c’est le porter avec la voix, le souffle, chercher à le rendre intelligible, à travers ses mots, syllabes, consonnes, et lui donner une intention nécessaire à sa compréhension orale.
Pour le discours musical, le son serait la voix, et le souffle se traduirait par le mouvement : il s’agirait de s’intéresser à sa nature : son timbre, sa forme, sa durée, sa résonance, son articulation avec un autre son.
A l’image du peintre devant sa toile, le violoniste imagine une palette de timbres, de nuances, de couleurs, traduits par le frottement particulier de l’archet sur la corde. Il crée alors un paysage sonore qui portera son discours et ses intentions musicales.

Interprétation

Ainsi, installé dans une respiration musicale et un mouvement fluide, le musicien peut, à travers ses propres choix de timbres et d’articulations, construire sa propre interprétation du texte.

L’instant présent

Puis il s’agirait, sur scène surtout, d’oublier avec confiance tout ce long travail accompli, pour être alors seulement dans l’instant, se laisser surprendre par l’inattendu, un timbre différent, une énergie nouvelle venant d’un autre musicien… quelque chose… oser s’engager dans une voie qui n’est pas déjà écrite. Être dans l’instant, c’est accéder à la création, s’abandonner avec confiance à l’inattendu, et vivre, partager avec l’auditeur, un moment privilégié, unique, hors du temps défini et mesuré.