Thomas VERNET est docteur en musicologie. Ses travaux portent essentiellement sur la réception et la pratique de la musique dans les milieux aristocratiques en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que sur l’histoire des bibliothèques et collections musicales. Il prépare actuellement un ouvrage sur Marie-Anne de Bourbon-Conti et les arts, et étudie le fonds musical de la collection du marquis de Paulmy, conservée à la bibliothèque de l’Arsenal. Il est responsable du département de musique ancienne au Conservatoire à rayonnement régional de Paris (CRR), ainsi qu’au pôle d’enseignement artistique Paris - Boulogne- Billancourt et chargé de cours au CRR de Versailles ainsi qu’à l’Université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines.




« AYANT L’HONNEUR D’ESTRE PREMIER VIOLON DU ROY, JE ME TROUVE LE PLUS MALHEUREUX DE SA MUSIQUE »


LA DESTINEE TRAGIQUE DE LOUIS-GABRIEL GUILLEMAIN (1705-1770)*


*Ce texte constitue la version développée de la notice accompagnant l’enregistrement des œuvres de L.-G. Guillemain par Stéphanie Paulet et les membres de l’ensemble Aliquando.


" Lorsque l’on parle d’un homme plein de feu, de génie et de vivacité, il faut nommer Mr. Guillemain, ordinaire de la Musique du Roi, c’est, peut-être, le violon le plus rapide et le plus extraordinaire qui se puisse entendre ; sa main est pétillante, il n’y a point de difficultés qui puissent l’arrêter, et lui seul en fait naître dans ses savantes productions qui embarrassent quelque fois ses rivaux. Ce fameux artiste est parmi les grands maîtres un des plus féconds, et l’on convient que ses ouvrages sont remplis des beautés les plus piquantes [1]."


Ces lignes de Pierre-Louis Daquin de Château-Lyon (1720-ca.1796) tracent en peu de mots, un portrait sans doute assez juste de la personnalité artistique de Louis-Gabriel Guillemain alors au sommet de sa notoriété. Le caractère ardent et passionné de cet « homme plein de feu » se retrouve en effet dans sa musique, tour à tour élégante, flamboyante et ombrageuse. Son œuvre imposante se compose de dix-huit opus, publiés entre 1734 et 1762. Il est possible de suivre l’ascension du compositeur en parcourant les dédicaces de ses recueils. Ces courtes épîtres, qui sont plus que de simples « exercices de style », éclairent certains événements de la carrière de Guillemain et nous entraînent dans la nébuleuse de ses protecteurs qui, nobles de province ou familiers de Louis XV, lui permirent chacun à sa mesure de se hisser aux sommets du parnasse musical français, sans pourtant le préserver d’une fin tragique.


« La route que vous m’ouvrez est épineuse et le jugement du public est à redouter »


En offrant son Premier Livre de Sonates à Violon Seul [2], en 1734, à Jean-François-Gabriel Bénigne de Chartraire (1713-1760), marquis de Bourbonne, le jeune Guillemain entendit rendre hommage à celui qui, le premier avait su reconnaitre et promouvoir ses talents:


" La route que vous m’ouvrez est épineuse et le jugement du public est à redouter; mais votre suffrage Mr., rassure ma timidité, puisqu’il est toujours d’accord avec celui des personnes les plus éclairées; […] [3] ".


Magistrat frappé de « mélomanie », le marquis qui fut pourvu de la charge de président à mortier du Parlement de Dijon le 4 août 1735, fréquentait assidûment les spectacles et accueillait des concerts dans son luxueux hôtel particulier de la capitale bourguignonne. Sans doute contribua-t-il également à la création d’une « Académie de Concerts », placée sous la protection de S.A.S. le prince de Condé et à laquelle Guillemain fut attaché dès 1729 [4]. Peut-être celui-ci avait-il eu vent de l’avis de recrutement de plusieurs musiciens paru au début de l’année précédente dans le Mercure de France :


" Notre société, tout composée de personnes de mérite et de distinction vous prie d’apprendre aux personnes qui cultivent la musique et qui peuvent nous rendre service qu’on a besoin pour nos concerts d’une belle voix de basse-taille, d’un dessus de violon et d’une chanteuse qui puisse mériter l’approbation d’une personne de bon goût [5]."


Quitta-t-il alors sa place de « violon d’accompagnent » à l’Opéra de Lyon pour celle de « dessus de violon » en Bourgogne ? C’est en tout cas ce que laisse entendre ses biographes à la suite de L. Vallas et L. de La Laurencie [6]. Toujours est-il que ses talents devaient être déjà connus et qu’il n’eut guère de mal à surclasser ses collègues Isnard et Lacombe [7]. Mais le marquis de Chartraire ne se contenta pas de lui offrir une place de premier violon, puisqu’il lui permit d’aller se perfectionner à Turin auprès de Giovanni Battista Somis (1686-1763) [8]. Guillemain eut donc tout lieu d’exprimer sa vive reconnaissance à un mécène aussi généreux en lui offrant son premier opus. Les deux hommes nourrirent d’ailleurs l’un pour l’autre un respect réciproque et durable ; le marquis coucha le musicien sur son testament, tandis que celui-ci dédia encore en 1739 son Deuxième Livre de Sonates à Violon seul avec la Basse continue à son premier protecteur. A cette date, Guillemain avait quitté la Bourgogne depuis près de deux ans et avait gagné Paris, où le bruit de ses premiers succès l’avait précédé.


Si un document signale que « le Sr Guillemain [fut] reçu en l’année 1737, musicien ordinaire de la Chapelle et Chambre du Roi [9] », on ne dispose pas de témoignage attestant de sa participation effective à la musique du roi avant le premier semestre 1738 [10]. Sa « main prodigieuse » et son « habileté étonnante » [11] le mirent en rivalité directe avec Jean-Pierre Guignon (1702-1774), entré quelques années plus tôt au service de Louis XV [12]. Les comptes des Menus-Plaisirs, arrêtés en décembre de cette même année, montrent que les deux virtuoses se produisirent à quatre-vingt-seize reprises lors de concerts à la Cour, pour lesquels ils touchèrent chacun 576 livres [13]. Grisé par des débuts aussi prometteurs mais également soucieux de ne pas froisser la bienséance, Guillemain ne manqua pas d’honorer le grand-maître de la Chapelle-Musique [14], Louis-Guy Guérapin, baron de Vauréal (1687-1760), en lui offrant son Œuvre IV dans le courant de l’été 1739 :


" C’est des bontés de votre grandeur que je tiens le poste que j’occupe à la Musique du Roy, à quel autre aurais-je pu adresser l’hommage de mes faibles travaux, daignés les recevoir Monseigneur ; je sçais que leur médiocrité ne parait pas les rendre dignes de vous être présentés, aussy ne prends-je la liberté de vous les offrir que comme tribut de la reconnaissance la plus vive dont les bontés de votre grandeur m'ont pénétré et comme un témoignage du profond respect avec lequel je suis de votre grandeur […] le très humble et très obéissant serviteur [15] ."



Il est difficile de mesurer le degré d’implication du prélat dans la nomination de Guillemain, mais au-delà des flatteries d’usage, cette dédicace témoigne peut-être de l’accueil privilégié qui fut réservé, à Versailles, au musicien fraîchement arrivé de Bourgogne. Sans pouvoir établir des connexions solides entre les trois premiers dédicataires de Guillemain, il n’est peut-être pas anodin de remarquer que chacun entretint un lien plus ou moins étroit avec cette province. Nous avons déjà signalé l’implantation du marquis de Bourbonne à Dijon ; Monseigneur de Vauréal avait reçu le commandement de l’abbaye de Molesme en 1723 [16], quant à Anne-Louis de Thiard (1715-1748), marquis de Bissy, dédicataire du IIe Livre de Sonates à deux violons sans basse [17], il appartenait à une illustre famille bourguignonne, descendante de Ponthus de Thiard. Quoi qu’il en soit, les mélomanes de la Cour, musiciens amateurs pour la plupart, accueillirent l’artiste avec enthousiasme et cherchèrent à faire de lui leur maître de musique pour profiter, au-delà de son enseignement, de la primauté de ses compositions, comme en témoigne la dédicace de l’Œuvre V, au marquis de Bissy :



" L’honneur que vous m’avez fait de me choisir parmy tant de personnes illustres pour vous guider dans un art où vous faites tous les jours de nouveaux progrès, m’autorise à prendre la liberté de vous offrir ce second Livre de Sonates à deux violons. Cet ouvrage, Monsieur, que vos ordres ont fait naître ne peut être que bien reçu du public, puisque vous l’avez trouvé quelque fois digne de vos amusements, […] [18]."



Les trois Livres que Guillemain fit paraître dans le courant de l’année 1739 – soit ses Œuvres III, IV, et V – étaient clairement destinés à cette clientèle « d’artistes de qualités », qui en dépit d’une technique instrumentale limitée, se grisaient en interprétant la musique d’un virtuose admiré. Les annonces parues dans la livraison de juin du Mercure de France exposent clairement la visée du compositeur :


" L’auteur a composé cet ouvrage [Second Livre de Sonates, Œuvre III] pour la facilité des personnes plus ou moins habiles, et il espère que le Public recevra aussi favorablement que le premier Livre ; il a donné aussi en même temps Six Sonnates à deux violons sans basse [Œuvre IV] , qui ont eu l’approbation des connaisseurs ; le même Auteur doit donner encore au premier jour, Six nouvelles Sonnates à deux violons sans basse [Œuvre V], qui seront moins difficiles que les précédentes et pourront être exécutées également sur la flûte traversière [19]."


C’est dans le même esprit que fut composé le Premier Amusement à la mode, pour deux violons et basse, paru dans le courant de l’année 1740 (Œuvre VIII) [20], ainsi que les Pièces pour deux vielles, deux musettes, flûtes ou violons (Œuvre IX) [21] , dont l’intitulé même témoigne du goût si prisé alors pour les instruments champêtres et les bergeries. Au rang de ces compositions, il convient également d’inscrire les Conversations galantes et amusantes entre une flûte traversières, un violon, une basse de viole, et un violoncelle [22], dédiées à Louis-Philippe d’Orléans, alors au duc de Chartres (1725-1785) et proposées à la vente par souscription au printemps 1743 : l’avis paru dans le Mercure de France spécifiait que « chaque partie était à la portée de tout le monde [23] ». Mais parallèlement à ces publications plaisantes, destinées à satisfaire les « amateurs », Guillemain ne cessa de répondre aux attentes des « connaisseurs » en proposant des œuvres de plus ample envergure mâtinées de style italien. Songeons par exemple aux Symphonies dans le goût italien en trio (Œuvre VI) [24], dédiées à Louis-Michel de Chamillart, comte de la Suze (1709-1774), ou encore aux Six Concertinos à quatre parties (Œuvre VII) [25] offert à l’influent Louis de Noailles, duc d’Ayen (1713-1793). A ces deux recueils de musique de chambre, publiés en 1740, Guillemain fit succéder, l’année suivante, un deuxième livre de Sonates en trio (Œuvre X) et un troisième de Sonates à violon seul et basse (Œuvre XI), adressé à Louis II du Bouchet, marquis de Sourches (1711-1788), alors grand prévôt de France [26]. Une célèbre toile due au peintre François-Hubert Drouais (1727-1775), témoigne de la place accordée à la musique dans l’entourage du marquis [27]. L’artiste a choisi pour cadre à son œuvre une clairière dessinée au milieu d’une luxuriante végétation de laquelle émerge un vase de jardin de forme « médicis », orné de putti joueurs. Assise au centre de la composition, la marquise, Marguerite-Henriette Desmarets de Maillebois (1721-1783) [28], tient une partition ouverte sur ses genoux ; sa fille, Jeanne-Madeleine Thérèse, future marquise de Vogüé (1743-1765), est assise à ses côtés et tourne avec elle les pages du livre de musique. Le marquis pose derrière elles, un violon dans une main et son archet dans l’autre. A la droite de ce groupe, Louis-François, futur marquis de Tourzel (1744-1786), le fils aîné du couple, se tient debout appuyé contre le socle du vase ; avec entre ses mains un traverso, au son duquel il semble avoir charmé un perroquet. Enfin, assis, au premier plan, c’est le jeune Yves-Marie, comte de Montsoreau (1749-1818) qui joue de la musette en adressant un regard au spectateur. Ce portait collectif témoigne des goûts et des pratiques artistiques de la famille de Sourches, mais au-delà, il renvoie l’image du public appartenant à la haute aristocratie de cour auquel les œuvres de Guillemain étaient notamment destinées.





François-Hubert Drouais, Le marquis de Sourches et sa famille,
huile sur toile, 1756, 3, 240 m x 2, 840 m
Versailles, Châteaux de Versailles et de Trianon



« La protection dont vous honorés les talens »


Il est possible ainsi de suivre la progression Guillemain au sein des cercles les plus prestigieux et influents de la Cour jusque dans l’entourage de la famille royale. On ignore en revanche à quelle date exacte il fut appelé pour la première fois à participer aux Concerts de la Reine, bien que le Mercure de France mentionne par deux fois sa présence au cours de l’année 1746 [29]. Il accompagna le 9 août, dans le grand cabinet de la souveraine une jeune enfant de dix ans, Mlle Lainville, fille d’un ancien directeur de l’Opéra de Bordeaux, qui joua à cette occasion « plusieurs pièces de clavecin avec une brillante précision, et mérita les applaudissements de Sa Majesté et de toute sa Cour par son jeu et par son chant réglés par l’art et ornés par le goût [30]». Le 16 octobre, il reparut en compagnie « de Quay le fils » – Barthélemy Caix d’Hervelois (1716- ?) [31], maître de dessus de viole de Madame Sophie (1734-1782), la sixième fille de Louis XV – pour accompagner cette fois une chanteuse allemande, Mlle Marianne, dans des « airs Italiens, Allemands, Espagnols et Français, imitant avec sa voix les accompagnements avec beaucoup d’art [32] ». On ne saurait dresser la liste exhaustive des participations de Guillemain aux Concerts de la Reine, mais on relève que son nom figure encore dans l’Etat des Musiciens et Musiciennes qui composent ce Concert en 1759 [33]. C’est peut-être pour ces soirées musicales que Guillemain destina initialement ses Pièces de clavecin en sonates, avec accompagnement de violon (Œuvre XIII) [34], dont la publication avait été annoncée pour le mois d’avril 1745 [35]. Marie-Louise-Angélique de Talaru de Chalmazel, marquise de Castries (1723-ca.1775) en avait été la dédicataire. Femme aimable et des plus cultivées, elle évoluait dans l’entourage des filles de Louis XV [36] et l’on peut croire que le musicien chercha à s’attirer à travers elle, les faveurs de la famille royale. Si le roi, au contraire de son arrière-grand-père, fut peu mélomane et usa de la musique avant tout comme d’un instrument de représentation, son épouse et ses enfants – le Dauphin, la Dauphine et Mesdames – placèrent cet art au centre de leurs existences. Marie Leszczinska qui jouait médiocrement du clavecin, un peu de guitare et de vielle, ne possédait probablement pas les talents de ses filles que Jean-Marc Nattier (1685-1776) a immortalisées en des poses musiciennes : Madame Henriette (1727-1752), jouant de la viole et Madame Adélaïde (1732-1800) feuilletant une partition, un violon posé non loin d’elle sur une console, à demi dissimulé par une épaisse draperie…





Jean-Marc Nattier, Madame Adélaïde de France en habit de cour, tenant un livre de musique, huile sur toile, 1758, 2,310 m x 1, 460 m
Versailles, Châteaux de Versailles et de Trianon



Quant au Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765), il « continu[a] toujours, selon le duc de Luynes, dans le goût de la musique [37] ». En février 1747, lorsqu’inconsolable de la perte de sa première épouse, Marie-Thérèse Raphaëlle d’Espagne (1726-1746) [38], il fut remarié à Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767) [39], seule une passion commune pour l’art d’Euterpe parvint à adoucir les rigueurs d’une union dictée exclusivement par les exigences de la diplomatie. La jeune princesse native de la très musicale cour de Dresde – elle avait quinze ans à son arrivée en France – devait contribuer à faire pénétrer à Versailles un univers esthétique jusqu’alors inconnu des mélomanes français – celui de Hasse en particulier [40] – si l’on excepte le séjour à Paris de Telemann en 1738. Lorsque le Dauphin, qui apprenait « la musique et l’accompagnement du clavecin de Royer » se mit en tête de savoir aussi jouer du violon, il est possible que Guillemain ait nourri l’espoir d’être désigné comme son professeur. Cependant le duc de Luynes ne mentionne pas son nom mais celui de Mondonville, entré en concurrence avec Guignon, lequel l’emporta en faisant valoir ses titres : « […] le premier violon de la chambre et de la chapelle, et qui outre cela s’est fait donné le titre de roi des Violons, et qui a de plus l’avantage de montrer à Madame Adélaïde, est venu représenter ses droits ; […] c’est lui qui montre à M. le Dauphin [41]».

Les sources manquent mais les efforts de Guillemain pour s’attirer les faveurs des membres de la famille royale furent semblent-ils assez vains. Aucune de ses partitions ne leur est adressée, au contraire de celles de Guignon [42] ou de son partenaire de jeu au Concert de la Reine, B. Caix d’Hervelois [43]. Mais si l’entourage familial de Louis XV n’accorda pas à Guillemain les soutiens espérés, Mme de Pompadour et son cercle d’amis lui accorda en revanche le meilleur accueil. En 1746, Louis-César de La Baume Le Blanc, duc de La Vallière (1708-1780), s’était vu confié par la marquise la tâche de réunir autour d’elle une troupe de comédiens, ainsi qu’un petit orchestre dans le but de former le théâtre des Petits Cabinets. Nul doute que ce grand seigneur éclairé, bibliophile passionné autant que mélomane, sut reconnaitre les talents de Guillemain et tint à l’attacher à la compagnie de la favorite laquelle mêlait « artistes de qualités » et professionnels [44]. C’est ainsi que durant la saison 1747-1748, le virtuose partagea le pupitre de second dessus de violon avec M. de Courtaumer, porte-manteau du roi, MM. Fauchet et Belleville, puis fut rejoint l’année suivante par ses collègues Marchand et Caraffe l’aîné [45]. Parmi les habitués des spectacles des Petits Cabinets et zélateurs de Guillemain figuraient notamment le marquis de Sourches et le duc d’Ayen déjà mentionnés, ainsi que Marie-Louis Caillebot, marquis de La Salle (1716-1796), mélomane et violoniste de talent. Celui-ci réunit une belle collection de musique d’environ 460 volumes et portefeuilles de parties séparées, heureusement conservée après sa confiscation au moment de la Révolution [46]. L’inventaire de l’état originel de cette bibliothèque musicale que nous avons retrouvé aux Archives nationales signale la présence de « Sonates de Guillemain [47] », tandis que trois volumes aux armes du marquis (Œuvres IV, V et XVII) – annotés par lui-même peut-être au moment où il recevait l’enseignement du compositeur – figurent aujourd’hui dans le fonds du Conservatoire au département de la musique de la Bibliothèque nationale de France [48].


Fort de tels soutiens, Guillemain fut rapidement associé à la réalisation d’un spectacle pour le théâtre de Mme de Pompadour, pour lui une opportunité de s’essayer au répertoire scénique et chorégraphique. Ainsi, le 12 décembre 1748, soit quelques mois après la publication de son Deuxième Livre de symphonies en trio dans le goût italien (Œuvre XIV) dédié à Louis-Auguste de Bourbon, comte d’Eu (1700-1755) [49], on représenta sur le théâtre des Petits Cabinets, à la suite de La Mère coquette de Quinault, un ballet-pantomime intitulé L’Opérateur Chinois, dont Guillemain avait composé la musique. François-Augustin Paradis de Moncrif (1660-1771), par ailleurs sous-directeur de l’aimable compagnie était l’auteur des paroles tandis que le maître de ballet de la Comédie-Italienne, Jean-Baptiste Dehesse (1705-1779) en avait réglé la chorégraphie ; le duc de Luynes ajoute que François-César Le Tellier, marquis de Courtanvaux (1718-1781) « a[vait] beaucoup contribué à la composition de cette pièce [50]». Cette parade qui avait pour décor « une espèce de foire chinoise », plut autant pour la beauté des costumes, jugées « très-agréables », que pour ses « danses vives et fort diversifiées [51]». On l’apprécia tellement qu’elle fut redonnée sur le même théâtre le 16 janvier 1749, soit cinq jours après avoir accompagné à la Comédie-Italienne, la création de La Cabale, comédie en prose et en un acte de Germain-François Poullain de Saint-Foix (1698-1776) [52]. A en croire le Mercure de France, la partition de Guillemain contribua grandement au succès de la représentation :


« […] à l’article de la Comédie Italienne, la pantomime de l’Opérateur chinois, que le Sr. de Hesse a ajouté à la pièce qui a pour titre, la Cabale; on a oublié d’y joindre le nom de l’auteur de la musique de ce divertissement. Elle a eu un applaudissement trop général, pour laisser ignorer qu’elle est de la composition de M. Guillemain, Ordinaire de la Musique de S. M., fort connu par ses talents pour le violon, et pour les quatorze Œuvres de musique instrumentale qu’il a données au public [53] ».


Cette heureuse incursion au théâtre demeura pourtant sans lendemain puisque Guillemain, sans que l’on n’en connaisse les raisons, ne cessa plus désormais de se consacrer au seul répertoire instrumental. Si bien qu’en 1751, c’est un livre de Divertissements de Symphonies en trio – son œuvre XV – qu’il se permit d’adresser à Mme de Pompadour :


" Madame,


La protection dont vous honorés les talens semble me permettre la liberté que je prend [sic] de vous présenter cet ouvrage; il vous doit le jour, et il a eu le bonheur de vous amuser quelquesfois ; daignez donc le recevoir, Madame, avec la même bonté que vous l’avez fait naître ; trop heureux si ce foible homage de la reconnoissance la plus soumise peut égaler le profond respect avec lequel je suis, Madame, Votre très humble et très obéissant serviteur [54]. "



Cette dédicace situe bien la genèse de ces suites instrumentales et le rôle que la marquise joua dans leur création. Leur faveur dépassa rapidement le cercle intime de la dédicataire puisqu’elles furent semble-t-il reprises plusieurs fois au Concert Spirituel, et toujours avec le même succès, avant leur parution annoncée dans le Mercure en mars 1751:


« Le Sieur Guillemain […] dont les talents pour le violon sont si connus du Public, ainsi que les ouvrages de sa composition, vient de faire graver son quinzième Œuvre, composé de deux Divertissemens de symphonies. Cet ouvrage dont une partie a eu le bonheur d’être entendue avec succès au Concert Spirituel, a été réduit en Trio, pour la commodité du Public [55] ».


La première audition d’une œuvre de Guillemain sur la scène de la Salle des Suisses, au palais des Tuileries, remontait à 1743 ; le 2 février, le violoniste Etienne Mangean ( ?- ?) [56], avait interprété un des concertos peut-être tiré l’Œuvre VII [57]. Entre cette date et celle du 18 avril 1762, on ne relève, sur la base des programmes reconstitués par Constant Pierre, que dix-huit mentions d’œuvres de Guillemain jouées au Concert Spirituel [58]. L’année 1751 se démarque néanmoins puisqu’on joua une de ses « Grande Symphonie » – peut-être issue de son Œuvre XV ? – à cinq reprises entre le 30 mars et le 16 avril [59]. On peut d’ailleurs situer le sommet de la carrière de Guillemain dans les premières années de la décennie 1750 [60] ; musicien apprécié à la Cour autant qu’à la Ville, il se vit accorder par le roi une pension de 500 livres, au titre d’un brevet daté du 14 juin [61]. Toutefois dès l’année suivante, on ne rencontre plus son nom qu’à trois reprises dans les recensions du Mercure concernant le Concert Spirituel, puis qu’une seule fois à partir de 1753 – avec une absence totale entre 1758 et 1761.


Ce retrait de la scène des Tuileries est concomitant de l’arrêt de ses publications après l’Amusement pour le violon seul, composé de plusieurs airs variés de différents auteurs, dédié à Louis-Dominique Bontemps (1738-1766), premier valets de chambre du roi comme ses aïeuls depuis Louis XIII, suivis des douze Caprices extrêmement virtuoses qui forment son Œuvre XVIII, publiée au début de l’année 1762 [62]. Choron et Fayolle attribuent ce repli à sa « grande timidité [63] ». La Laurencie avance quant à lui, un penchant à la neurasthénie et un refuge dans l’alcool, en se basant sur les détails contenus dans un dossier - aujourd’hui conservé aux Archives départementales des Yvelines - de vingt-huit pièces, qui éclairent d’une lumière sombre la vie quotidienne de Guillemain [64].



« Serait-il possible que j’eus assez de malheur pour n’être pas secouru...»



Ces documents renvoient l’image d’un homme attiré par le luxe – Guillemain nourrit notamment une passion affichée pour les tapisseries – mais totalement incapable de maitriser son économie domestique. Très vite après son installation à l’hôtel de Gamaches à Versailles [65], où il loua un appartement qu’il fit richement meubler et décorer par le propriétaire, le tapissier Dubut ( ?- ?), Guillemain se trouva dans l’incapacité d’honorer ses dettes [66]. Ni les applaudissements, ni la faveur du public et ni même la protection des personnalités influentes ne permirent de relâcher la pression que les créanciers faisaient peser sur le musicien. Le 30 janvier 1752, Guillemain se vit présenter par son logeur un mémoire de 1680 livres, qu’il s’efforça de régler péniblement, à raison de 300 livres en espèces, 103 en marchandises et le reste en billets… Son union en 1757 avec Catherine Langlois (1715-ca.1775) – probablement sa seconde épouse [67] – ne fut en aucun cas un mariage d’argent et n’allégea pas sa situation financière. La jeune mariée fut contrainte de vendre à la criée les meubles qui garnissaient son logement de l’hôtel d’Espagne à Paris et qui ne purent trouver place à Versailles dans l’appartement exigu et déjà fort encombré de son époux [68]. Mais deux ans plus tard, le couple, sans doute dans l’impossibilité d’honorer ses loyers, fut contraint de quitter l’hôtel de Gamaches. Guillemain et sa femme trouvèrent alors asile chez le violoniste V. Bourdon déjà mentionné qui, moyennant 87 livres 10 sols par quartier, leur loua un logement dans sa maison de la rue de la Paroisse pour lequel les quittances ont été conservées jusqu’en 1762 [69]. Celles-ci montrent encore des retards de paiements – d’environ six mois après chaque terme – et voisinent, dans le dossier E. 1189, avec des mémoires relatifs à des livraisons de marchandises diverses (bois, huile, chandelle, perruques, eau-de-vie, etc.), couverts de calculs toujours recommencés, d’établissements d’acomptes et de reports de dettes, témoignant de la détresse financière du couple. C’est un musicien aux abois, aculé à la ruine qui adressa une lettre pathétique probablement à Louis III Phélypeaux, comte de Saint-Florentin (1705-1777), ministre de la Maison du roi et à ce titre en charge d’arrêter les états de paiement des officiers et du personnel de la Chambre :



"Monsieur,
Daignez s’il vous plait permettre la liberté que je prens de vous faire ressouvenir d’un mémoire que j’ai eu l’honneur de vous presenter il y a quelques mois, mon état présent semble m’autoriser à une seconde importunitez pour vous suplier très humblement de vouloir bien m’accorder l’honneur de votre puissante protection, endettez de tous les costés, ayant vendus mes meubles qui m’avoient coutez près de 4000 livres dont je n’ay que 800 li pour satisfaire en partie mes créanciers que le retard des payemens m’ont forcez de contracter, je suis réduit au desespoir, sy vous n’avez Monsieur la bontez de me procurer quelque grâce qui puisse m’aider à me tirer d’affaire ; S’il était possible après 25 ans au service le plus exact d’obtenir une aisance de cent louis sur mes appointements, je me trouverais l’homme le plus heureux du monde ; ayant l’honneur d’estre premier violon du roy, je me trouve le plus malheureux de sa musique. Je ne demande ny augmentation ny gratification ; seulement une avance qui puisse me mettre plus a l’aise que je ne suis, ce n’est Monsieur que de vos seules bontées que je puis obtenir la grâce que j’ose vous demander en servant aussi bien que je fais ;et que j’ai toujours fait, et ferai. Serait-il possible que j’eus assez de malheur pour n’être pas secouru dans mon plus profond besoin ; ce n’est donc Monsieur que de vos seules bontées que j’ose espérer le secours ; je recevray avec la soumission la plus respectueuse la grace qu’il vous plaira me faire accorder, dans la situation où sont mes affaires, telle quelle puisse estre, je n’en auray jamais reçu qui me fut plus necessaire qu’à présent. Daignez donc s’il vous plait Monsieur m’honorer de vos bontées et soyez persuadez je vous suplie que je ne demanderais rien sans mes créanciers, trop heureux sy la reconnaisse la plus soumise peut égaler le profond respect avec lequel j’ay l’honneur d’être
Monsieur Votre très humble et très supliant serviteur. Guillemain [70]."



Cette lettre n’est pas datée, mais si l’on retient les vingt-cinq années de service auxquelles Guillemain renvoie et que l’on se souvient qu’il entra dans la Musique du roi en 1737, elle pourrait avoir été écrite aux alentours de l’année 1762. A cette époque, le violoniste était pourtant le musicien le mieux payé des symphonistes de la Chapelle, puisqu’il avait reçu en 1760 une somme de 1650 livres, alors que Guignon n’en avait touché que 1350 et qu’en 1762, une gratification de 600 livres lui avait été allouée au titre des comédies et des concerts [71]. Mais dans un autre placet, daté de 1766, adressé au contrôleur général de la Maison du roi, Didier-François René Mesnard (1729-1794), pour quémander une « gratification extraordinaire » de 300 livres, Guillemain reconnaissait avoir contracté une dette s’élevant à 6000 livres, somme qui correspondait à plus du double de ses appointements et gratifications annuels [72].

Sans doute Guillemain finit-il par perdre tout espoir de recouvrer un équilibre financier et au-delà une certaine sérénité, propice à l’exercice de son art [73]. Incapable de trouver une issue à ses maux, torturé par ses constants besoins d’argent, en proie à un certain penchant à la misanthropie et à l’alcoolisme [74], Guillemain fut poussé à un « excès de désespoir [75] », le premier jour d’octobre 1770. Son suicide supposé – on retrouva son corps sans vie percé de quatorze coups de couteau sur la route de Versailles, aux environs de Chaville [76] – constitua l’acte ultime d’une vie marquée par le succès, les applaudissements royaux autant que par le mal de vivre [77].



Thomas Vernet


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[1] Daquin de Château-Lyon (Pierre-Louis), Le Siècle littéraire de Louis XV, ou Lettres sur les hommes célèbres, Amsterdam, et se trouve à Paris, chez Duchesne, libraire, rue S. Jacques, au-dessous de la fontaine S. Benoît, au Temple du Goût. 1754, 2 parties en 1 volume, p. 136.


[2] Premier Livre /de Sonates / A Violon seul / avec la Basse Continue / composées / Pas M. Guillemain / Dédiées / A Monsieur de Chartraire / De Bourbonne / Gravées par Nicolas Baillieul / Imprimées à Dijon chez F. Desventes par Cl. L'Ercullier / Prix en blanc 12 livres /. Il y a quelqu'unes de ces sonates qui peuvent se jouer sur la flûte traversière / Se vend à Paris / chez / Mme la Vve Boivin rue Saint-Honoré, à la Règle d’Or. /, le Sr. Leclerc Rue du Roule, à la Croix d’Or. / Avec Privilège du Roy / mdccxxxiv.


[3] Id., « A Monsieur Chartraire, de Bourbonne », n. p. Les biographes de Guillemain s’accordent pour dire qu’il naquit à Paris mais seul le duc de Luynes reconnait au comte Jean-Baptiste de Rochechouart (1682-1747) d’avoir remarqué « [s]es plus heureuses dispositions pour le violon » et de lui avoir fait apprendre l’instrument. On ignore toutefois qui furent ses premiers maîtres ; voir Luynes (Charles-Philippe d'Albert, duc de), Mémoires du duc de Luynes sur la Cour de Louis xv (1735-1758), publ. sous le patronage de M. le duc de Luynes par MM. L. Dussieux et Eud. Soulié, Paris, Firmin-Didot frères, 1860-1865, 17 vol., t. ii, p. 109.


[4] Voir Doussot (Joëlle-Elmyre), Musique et société à Dijon au siècle des Lumières, Paris, H. Champion, 1999, p. 63 et 213-215. Le protecteur de l’Académie était alors Louis IV Henri de Bourbon Condé (162-1740), dit Monsieur le Duc ; voir Hénin (Charles), « De “L’Idée des concerts de province”, d’après le manuscrit de Ducharger, jusqu’à l’invitation de Léopold Mozart à Dijon en 1766 par Louis-Joseph de Condé, gouverneur de Bourgogne », Itinéraires mozartiens en Bourgogne : Actes du colloque de Dijon (1991), sous la dir. de Franis Claudon, Paris, Klincksieck, 1992, p. 94.


[5] Mercure de France, février 1728, « Extrait d’une lettre écrite de Dijon le 6 janvier 1728 au sujet de l’Académie de Musique de cette Ville », p. 364-365.


[6] Voir Vallas (Léon), Un siècle de musique et de théâtre à Lyon 1688-1789, Lyon, P. Masson, 1932, p. 201 et 203 ; La Laurencie (Lionel de), L’école française de violon, 3 vol., Paris, Delagrave, 1923, t. II, p. 2.


[7] Lacombe était protégé par le frère aîné du marquis de Bourbonne, Marc-Antoine Chartraire ( ?- ?), comte de Montigny et trésorier des Etats de Bourgogne ; voir Hénin (Charles), « De “L’Idée des concerts de province” », op. cit., p. 94.


[8] Ibid. ; G.-B. Somis était attaché à la chapelle des ducs de Savoie ; il enseigna à plusieurs violonistes français dont Jean-Marie Leclair (1697-1764) et Jean-Pierre Guignon (1704-1774) ; voir Pougin (Arthur), Le Violon, les violonistes et la musique de violon, Paris, Fischbacher, 1924, p. 91. Les conditions du séjour de Guillemain ne sont malheureusement pas connues. Selon A. Pougin, Guillemain se serait installé à Dijon au retour de son voyage en Italie ; voir id., p. 224. Sans donner davantage de précision, le duc de Luynes atteste seulement qu’« il a été en Italie, où il a joué avec Somis », Mémoires, op. cit., t. ii, p. 109.


[9] Arch. nat., O/6773 ; le duc de Luynes situe cette réception en avril 1738, voir Mémoires, op. cit., t. ii, p. 109.


[10] Durant cette période, Guillemain se produisit au cours de cinq concerts pour lesquels il reçut la même rétribution que Jean-Pierre Guignon (1702-1774), soit 30 livres ; voir Arch. nat., O1/2862, fol° 211-212.


[11] [Ancelet], Observations sur la musique, les musiciens et les instruments, Amsterdam, 1757, p. 15.


[12] Guignon avait été nommé en 1733 musicien de la Chapelle et de la Chambre du roi ; voir La Laurencie (Lionel de), « Un musicien piémontais en France au XVIIIe siècle : Jean-Pierre Guignon, dernier “Roy des violons” », Rivista musicale Italiana, xviii (1911), p. 717.


[13] Voir Arch. nat., O1/2862, fol° 284 ; voir La Laurencie (Lionel de), L’école française de violon , op. cit., p. 4 ; id.« Un musicien piémontais en France au XVIIIe siècle », op. cit., p. 718.


[14] Sur la charge de grand maître de la Chapelle-Musique, voir Maral (Alexandre), La chapelle royale de Versailles sous Louis XIV, Cérémonial, liturgie et musique, Wavre, CMBV, Mardaga, 2002, p. 63 ; Newton (William R.), La petite cour, Services et serviteurs à la Cour de Versailles au XVIIIe siècle, Paris, Fayard, 2006, p. 49-52 ; Beaussant (Philippe), Les plaisirs de Versailles, Théâtre et musique, avec la collaboration de Patricia Bouchenot-Déchin, Paris, Fayard, 1996, p. 95-100.


[15] VI/ Sonates / A deux Violons sans Basse / Composées par M. Guillemain / Ordinaire de al Musique de la Chapelle / ET de la Chambre du Roy / Dédiées / A Monseigneur / De Vauréal / Evêque de Rennes, Grand Maître de la / Chapelle-Musique du Roy / Œuvre VI / Gravé par Labassée,. / A Paris / chez / M. le Clerc le cadet, rue Saint-honoré, à la Ville de Constantinople, près l’Oratoire / Le Sr Leclerc, marchand rue du Roule, à la Croix d’Or / Mme Boivin, marchande, rue Saint-Honoré, à la Règle d’Or. / A.P.D.R/; L.-G. Guérapin de Vauréal était évêque de Rennes depuis 1732.


[16] L’abbaye de Molesme, aujourd’hui désaffectée, est située dans la commune de Molesme dans le département de la Côte-d’Or.


[17] IIe Livre de Sonates / A deux Violons sans Basse / ou deux flûtes traversières / Composées / par M. Guillemain / Ordinaire de la musique de la Chapelle et de la Chambre du Roi / Dédiées à Monsieur le marquis de Bissy / Brigadier des Armées du Roi, Commissaire général de la Cavalerie légère de France / Œuvre Ve / Gravé par Mlle de Caix / Prix 6 livres / A Paris / Chez / Le Clerc, Marchand, rue Saint-Honoré, entre la rue des Prouvaires et la rue Dufour, à Sainte-Cécile / Et aux adresses ordinaires /. Et à Lion, chez / M. Brotonne, marchand, rue Mercière / A.P.D.R.


[18] Ibid., dédicace n. p.


[19] Mercure de France, juin 1739, t. I, p. 1194 ; voir également le t. II du même mois, p. 1617.


[20] Premier / Amusement à la mode / Pour deux violons ou flûtes et Basse / Par M. Guillemain / Ordinaire de la musique de la Chapelle / Et de la Chambre du Roy / Œuvre VIII / Prix 3 livres 12 sols. / Gravé par Mlle Vandome / A Paris / Chez / Le Clerc le cadet / M. Leclerc, / Mme Boivin / Avec Privilège du Roy [s.d.].


[21] Œuvres aujourd’hui perdues.


[22] Six / Sonates / en Quatuors / ou Conversations Galantes et amusantes entre / une Flûte traversière, un Vioon, une Basse / de Viole et la Basse continue / Dédiées / A Son Altesse Sérénissime / Monseigneur le Duc / de Chartres/ Prince du Sang / Par M. Guillemain / Ordinaire de la Musique, Chapelle Et Chambre du Roy / Œuvre XII / Prix 12 livres / Gravez par Mlle Bertin./ A Paris / Chez/ M. Le Clerc, rüe des Prouvaires, la 2e porte cochère à droite. / Mme Boivin, marchande, rue Saint-Honoré, à la Règle d’Or. / Le Sr Le Clerc, marchand, rue du Roule, à la Croix d’Or. / Avec Privilège du Roy, 1743.


[23] Mercure de France, avril 1743, p. 743.


[24] VI /Symphonies / dans le goût italien / En Trio / par / M. Guillemain / Ordinaire de la musique de la Chapelle / Et de la Chambre du Roy / Dédiées / à M. le Comte de la Suse / Grand Maréchal des Logis de la maison du Roi / Et Colonel d’un régiment de Dragons / Œuvre VI / Gravées par Mlle Michelon / Prix 6 livres / A Paris / Chez / Le Clerc le cadet / Le Sr Leclerc / La Vve Boivin / A.P.D.R.


[25] Six / Concertino / à Quatre Parties / Dédiés / A Monseigneur le Duc d’Ayen / Premier Capitaine de Gardes du Roi / Gouverneur de la Province du Roussillon / de la Ville et Citadelle de Perpignan, etc. / Composés par / M. Guillemain / Ordinaire de la Musique de la Chapelle / Et de la Chambre du Roi / Œuvre VII / Gravé par La bassé / Prix 9 livres. / A Paris/ Chez / M. Le Clerc le cadet, rue Saint-honoré, près l’Oratoire / Le Sr Le Clerc, marchand, rue du Roule, à la Croix d’Or / Madame Boivin, marchande à la Règle d’Or. / Avec privilège du Roi.


[26] Le marquis de Sourches avait reçu, dès l’âge huit ans, la survivance de cet office des mains de son propre père Louis Ier du Bouchet (1666-1746), mais il ne devait l’exercer de façon effective qu’à la mort de ce dernier. Le grand prévôt de France assurait la police à la cour et veillait à la sécurité du roi. Il avait pour ce faire juridiction sur les troupes de la Maison militaire du souverain, et était lui-même, membre de la Maison du roi.


[27] Drouais (François-Hubert), Le marquis de Sourches et sa famille, huile sur toile, 3, 240 m x 2, 840 m, 1756, Versailles, Châteaux de Versailles et de Trianon.


[28] Le marquis de Sourches avait épousé, le 13 février 1730, Charlotte-Antoine de Gontaut-Biron ( ?-1740), avec laquelle eut deux filles, Louise-Antonine, marquise de d’Esquelbecq (1733-1761) et Armande-Ursuline, comtesse de Virieu (1734-1768). Veuf depuis le 16 juillet 1740, il se remaria le 17 août suivant avec la fille cadette de Jean-Baptiste François Desmarets, marquis de Maillebois (1682-1762), appelé communément le maréchal de Maillebois, en raison de ses exploits durant la campagne de 1739, lui avaient valu de recevoir le bâton.


[29] Les Concerts de la Reine avaient été instaurés pour remplacer les soirées d’Appartements du règne précédent. A une fréquence de cinq ou six fois par mois, les « ordinaires de la musique de la Chambre et les cantatrices du Concert de la Reine », étaient réunis sous la conduite d’un surintendant en semestre ; voir Brenet (Michel, pseud. de Marie Bobillier), Les Concerts en France sous l’ancien Régime, Paris, Fischbacher, 1900, p. 170-174 ; voir également Beaussant (Philippe), Les plaisirs de Versailles, op. cit., p. 153-162.


[30] Voir Mercure de France, août 1746, p. 157.


[31] Fils aîné de François-Joseph Caix d’Hervelois.


[32] Mercure de France, octobre 1746, p. 170.


[33] Etat actuel de la Musique de la Chambre du Roi et des trois spectacles de Paris, « Etat actuel des Musiciens et des Musiciennes qui composent le Concert de la Reine », Paris, Pierre Vente, 1759, p. 63.


[34] Pièces / De Clavecin / en / Sonates / avec accompagnement de Violon / Dédiées / A Madame la Marquise / De Castries-Talaru / Par / Guillemain / Ordinaire de la Musique Chapelle / Et Chambre du Roy / Œuvre XIIIe / Prix 9 livres / Gravé par Mlle Bertin / [s. d.] / A Paris / Chez / Mme Boivin / M. Le Clerc / A Lyon / chez / M, de Brotonne , rüe Mercière, près la Bannière de France où l’on trouve tous les ouvrages de l’Auteur. / A.P.D.R.


[35] Voir Mercure de France, mars 1745, p. 142-143.


[36] La marquise de Talaru fut nommée dame de Mesdames Henriette et Adélaïde en 1747. Depuis le 27 janvier 1743, elle était veuve d’Armand-François de la Croix, marquis de Castries (1725-1743), lieutenant général du roi et gouverneur et de Montpellier, qu’elle avait épousé le 20 juillet 1741.


[37] Luynes (Charles-Philippe d'Albert, duc de), Mémoires, op. cit., t. VII, « Du dimanche 30 octobre [1746], Fontainebleau », p. 472.


[38] La fille de Philippe V d’Espagne mourut des suites de ses couches le 22 juillet 1746. Quatre jour plus tôt, elle avait mis au monde une fille que le Dauphin fit prénommée Marie-Thérèse (1746-1748). Le mariage du couple delphinal en février 1745 avait donné lieu à des fêtes somptueuses et à de nombreux spectacles dont La Princesse de Navarre, comédie-ballet de Rameau sur un livret de Voltaire (23 février), Le Temple de la Gloire de Rameau et Voltaire (27 novembre) et Jupiter vainqueur des Titans, tragédie en musique de Bernard de Bury sur un livret attribué à Louis-Charles Michel de Bonneval (11 décembre) ; voir Beaussant (Philippe), Les Plaisirs de Versailles, op. cit., p. 136-146.


[39] Devenue Dauphine, Marie-Josèphe de Saxe sera la mère des trois derniers rois Bourbons. Ce second mariage donna lieu à de nouvelles festivités ; on représenta entre autres pour l’occasion Les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour de Rameau et La Bruère, le 15 mars sur le théâtre dressé dans la salle du manège de la Grande Ecurie à Versailles ; voir id., p. 150-152.


[40] En 1742, Hasse avait dédié sa Didone abandonata à la petite princesse de Saxe qui, devenue Dauphine de France fit rejouer l’œuvre à Versailles en 1753. C’est à elle, par ailleurs, que Rameau dédia sa fameuse pièce de clavecin, La Dauphine.


[41] Luynes (Charles-Philippe d'Albert, duc de), Mémoires, op. cit., t. VII, p. 472 ; Guignon assura cet enseignement auprès des Enfants de France conjointement à Victor Bourdon (1704-1785). Un dossier le concernant conservé aux Archives nationales (O1 669) renferme une lettre autographe mentionnant qu’« Il a eu l’honner de fair répété pour le clavecin Madame enriette ; il a commencé Md Adelaïde a 7 ans [en 1739] le violon et la mi en etat de jouer les sonate de Le Clair, compausiteur dificille. Cette auguste prinses étant a été de conserte [avec] le Sr Guignon il a reçu une gratification annuelle de 300 l. qui a fait les 1.800 l. porté sur l’Etat de feu Md la dauphine » ; voir Dufourq (Norbert), « Notes sur la situation artistiques, sociale, financière, de quelques musiciens pensionnés de la Maison du Roi, au crépuscule de la monarchie », Revue belge de Musicologie, vol. 18, n° 1/4 (1964), p. 85-86.


[42] Guignon avait notamment dédié au Dauphin son Œuvre IX en 1736 qui consistait en de Nouvelles variations de divers airs et les Folies d’Espagne.


[43] B. Caix d’Hervelois dédia à Madame Sophie ses VI Sonate pour deux pardessus de viole à cinq cordes, violons et basses de viole, Œuvre I, en 1751.


[44] A ce sujet, voir Julien (Alphonse), Histoire du théâtre de Mme de Pompadour dit théâtre des Petits Cabinets, Paris, J. Baur, 1874 ; Beaussant (Philippe), Les Plaisirs de Versailles, op. cit., p. 165-191 ; Lever (Evelyne), Mme de Pompadour, Paris, Perrin, 2000, p. 106-119.


[45] Voir Julien (Alphonse), La Comédie à la Cour, Paris, Firmin-Didot, 1883, p. 244 ; le duc de Luynes rapporte également qu’en avril 1748, Guillemain joua, en compagnie de Mondonville, des « petits airs doublés, triplés et brodés » de sa composition « qui sont d’une exécution très difficile » ; voir Mémoires, op. cit., t. IX, p. 9.


[46] Les biens du marquis qui avait émigré furent saisis en ventôse an II (mars 1793), dans son hôtel du n° 83 de la rue de Grenelle. Ses meubles furent vendus le 14 germinal an II (3 avril 1794) et l’hôtel lui-même mis en loterie. Les instruments de musique furent transférés au dépôt de musique de la rue Bergère, mais la collection de livres de musique séjourna d’abord dans les fonds de la bibliothèque du Prytanée français puis de la Sorbonne avant de n’être intégrée à ceux de l’Opéra et du Conservatoire qu’en 1873. Sur cette collection voir, Sirot (Patricia), Un amateur de musique au XVIIIe siècle, Marie-Louis Caillebot, marquis de La Salle, à propos d’un catalogue, Mémoire présenté pour l’obtention du diplôme de Musicologie sous la direction de Marcelle Benoit, 1978, 2 vol., t. I. p. 10 et sq ; Massip (Catherine), « Cartographie des collections », Musiques et musiciens au faubourg Saint-Germain, Délégation à l’action artistique de la Ville de Paris ; Société d’histoire et d’archéologie du VIIe arrondissement, dir. Jean Gallois, Paris, Délégation à l’action artistique de la Ville de Paris, 1996, p. 44-45 ; ainsi que Gétreau (Florence) et Vernet (Thomas), « La Commission temporaire des Arts, section musique (1793-1795) : les fondements d’un patrimoine musical pour la Nation », La notion d’héritage dans l’histoire de la musique, dir. Cécile Davy-Rigaud, article à paraître en version électronique sur le site de l’IRPMF, http://www.irpmf.cnrs.fr.


[47] Arch. nat. F17/1164 - Description des livres de musique trouvés dans la maison de La Salle Emigré, en présence du Citoyen Germain Carré, commissaire du 10e arrondissement le 23 floréal l’an IV [12 mai 1796] ; voir notre article, « La Commission temporaire des Arts, section musique (1793-1795) », op. cit.


[48] Respectivement, BnF D. 11 648, D. 11 647, et Rès. F. 461 a, b, c, d.


[49] Second Livre de /Symphonie /Dans le goût italien /en Trio / Dédiés / à Son Altesse Sérénissime / Mgr le Comte d’Eu / Par / M. Guillemain / Ordinaire de la Musique de la Chapelle et Chambre du Roy / Œuvre XIV. / Prix 6 livres / A Paris / Adresses ordinaires, [s. d.] ; L-A. de Bourbon, prince de Dombes et comte d’Eu avait hérité de ces titres à la mort de son père, le duc du Maine (1670-1736). Il était par ailleurs le fils ainé de la très mélomane Anne-Louise Bénédicte de Bourbon-Condé, duchesse du Maine (1676-1753).


[50] Voir Luynes (Charles-Philippe d'Albert, duc de), Mémoires, op. cit., t. IX, p. 152-153 ; ce capitaine-colonel des Cent-Suisses qui avait abandonné trois ans plus tôt la carrière des armes, officiellement pour des raisons de santé, et ne se consacrait plus désormais qu’à ses passions, qui tenaient en l’étude des sciences et des arts. Selon A. Jullien (Histoire du théâtre de Madame de Pompadour, op. cit., p. 107) et Emile Campardon (Mme de Pompadour et la Cour de Louis XV au milieu du dix-huitième siècle, Paris, Plon, 1867, p. 38), le marquis collabora avec Guillemain, tandis que pour L. de La Laurencie (L’Ecole française de violon, op. cit., p. 9), il seconda le chorégraphe J.-B. Dehesse. On peut croire qu’il supervisa plutôt l’ensemble des préparatifs du spectacle auquel il prit part : il « dansa beaucoup, et fut fort applaudi, avec raison ».


[51] Ibid.


[52] Ce ballet-pantomime fut encore repris à la Comédie-Italienne en juin 1753 ; voir Parfaict (François et Claude), Dictionnaire des théâtres de Paris, Paris, Rozet, 7 vol., t. VII, p. 627-633.


[53] Mercure de France, mars 1749, p. 153 ; voir aussi id., janvier 1749, p. 199.


[54] Divertissements / De / Symphonies / en Trio / Dédiez / à Mme la Marquise de pompadour / Par M/ Guillemain / Ordinaire de la Musique Chapelle et Chambre du Roy / Œuvre XV. / Gravé par Mlle Bertin. / Prix 9 livres / A Paris / chez / M. Bertin, Maître de Musique, rüe du Four Saint-Honoré, Et aux adresses ordinaires / A Lyon / M. de Brotonne, rue Mercière, près la bannière de France / Avec privilège du Roy / [s.d.].


[55] Mercure de France, mars 1751, « Avis au Public », p. 167-168. D’après les dépouillements effectués par C. Pierre, on peut avancer que ces symphonies furent jouées aux Tuileries au cours des concerts du 28 mai ou du 8 décembre 1750 ; rendant compte de ce dernier concert, le Mercure de janvier 1751, évoque « une grande symphonie de M. Guillemain […], déjà connüe et que le Public entend toujours avec un nouveau plaisir » (p. 189) ; voir Pierre (Constant), Histoire du Concert Spirituel, 1725-1790, Paris, Société française de musicologie, 2000, p. 258-259 et suiv.


[56] Sur ce violoniste, voir La Laurencie (Lionel de), L’Ecole française de violon, op. cit., p. 30-34.


[57] Voir Mercure de France., février 1743, p. 404.


[58] Voir Pierre (Constant), Histoire du Concert Spirituel, op. cit., p. 356.


[59] Voir id., p. 261-262 ; peut-être s’agissait-il d’une symphonie différente à chaque fois.


[60] A l’automne 1752, c’est lui qui avait été choisi pour accompagner le célèbre bassoniste du roi de Sardaigne, de Laval, en compagnie de Guignon, Marchand et du violoncelliste Chrétien ; voir Luynes (Charles-Philippe d'Albert, duc de), Mémoires, op. cit., t. XII, p. 168, Mercure de France, novembre 1752, p. 171, La Laurencie (Lionel de), L’Ecole française de violon, op. cit., p. 10.


[61] Arch. nat. O1/94, f° 131vo; voir La Laurencie (Lionel de), L’Ecole française de violon, op. cit., p. 10.


[62] Amusement / Pour le Violon seul / Composé / De plusieurs Airs variés de différents Auteurs / Dédié A Monsieur de Bontemps / Premier Valet de Chambre Ordinaire de Sa Majesté / Gouverneur du Palais des Thuileries / Par / Mr Guillemain / Premier Violon du Roi / Avec douze Caprices du même Auteur / Œuvre XVIIIe / Prix 6 livres / A Paris / chez Le Clerc, Marchand, rue Saint-Honoré entre la / Rue des Prouvaires et la rue Dufour à Sainte-Cécile / et aux Adresse Ordinaires / Avec Privilège du Roi / [s.d.]. ; la parution de ce recueil fut signalée dans les Annonces du lundi 1er février 1762 ;


[63] Choron (Alexandre-Etienne) et Fayolle (François-Joseph Marie), Dictionnaire historique des musiciens…, Paris, Chimot, 2 vol., t. I, p. 302.


[64] Arch. dép. des Yvelines, E. 1189 ; voir La Laurencie (Lionel de), L’Ecole française de violon, op. cit., p. 4.


[65] L’hôtel de Gamaches, était sous Louis XIV, le nom de l’Hôtel de Catinat ; il était situé au n°28 de l’avenue de Saint-Cloud à Versailles.


[66] Voir id., « Mémoire du 23 juin 1738, pour M. Guillemain, officier de la musique du Roy, des ouvrages faits et fournis par Dubut, Tapissier à Versailles » ; « Mémoire du même du 23 janvier 1740 ».


[67] Voir id. ; un mémoire contenu dans le même dossier concerne des remèdes fournis à Madame en 1749-1750, s’y trouve également conservée une facture du tonnelier Lhérault sur laquelle est portée la mention suivante : « Madame Guillemain m’a payé le dernier mémoire le deuxième jour de may 1750 ». Nous ignorons l’identité de la première épouse de Guillemain.


[68] Quelques mois après la vente des meubles de sa femme survenue le 28 novembre 1757, dont elle ne retira que la modeste somme de 605 livres, Guillemain acquit le 31 mars suivant, pour 275 livres, un lit et un tableau provenant de la succession du marquis Joachim Rouault de Gamaches (1686-1751) ; voir id., « Procès-verbal de vente du 28 novembre 1757 ».


[69] Voir id., « Quittance de loyer 1759-1762 pour l’appartement occupé chez le Sr. Bourdon de 1759 à 1762 ».


[70] BnF, dép. de la musique, la-Guillemain-Gabriel 1, [Lettre de Guillemain à M. xxx], [s.d.].


[71] Arch. nat. O1/842 ; La Laurencie (Lionel de), L’Ecole française de violon, op. cit., p. 12.


[72] Arch. départ. Des Yvelines, E. 1189 ; L. de Laurencie reproduit ce document, voir L’Ecole française de violon, op. cit., p. 12-13 ; dans une autre lettre non datée mais sans doute remontant à cette même période, conservée dans ce même dossier, Guillemain demande à ce que l’on retienne sur deux de ses quartiers d’appointements une somme qu’il doit à un certain sieur Berteville.


[73] Pour Jean-Benjamin de La Borde, Guillemain avait « la tête dérangée » ; voir Essai sur la Musique ancienne et moderne, Paris, E. Onfroy, 1780, 4 vols, t. III, p. 518.


[74] Un mémoire de fourniture d’eau-de-vie s’élevant à 16 livres laisse supposer que Guillemain consomma pas moins de six bouteilles entre le 1er et le 10 septembre 1769 ; voir id


[75] Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des Lettres…, 5 octobre 1770, [éd.] Christophe Cave et Suzanne Cornand, Paris, Honoré Champion, vol. III, p. 1410.


[76] La hâte avec laquelle il fut procédé à l’enterrement de L.-G. Guillemain, le jour même de sa mort, en présence du chanteur Marc-François Bêche (1729-1794?) et du garçon de musique, Jean Bellocq (fl.1763-1792) accrédite l’hypothèse d’une mort délibérée ; voir La Laurencie (Lionel de), L’école française de violon, op. cit., p. 1-2.


[77] Ce n’est que deux ans plus tard que Catherine Langlois entra en jouissance d’une pension de 600 livres qui lui avait été pourtant accordée par les Menus-Plaisirs, « en considération des services de son mari » ; voir Arch. nat. O1/6773 ; le nom de la veuve Guillemain figure sur les états de vétérance de la musique du roi jusqu’en 1779, voir aussi O1/8425.